Reportage. Bonjour Madame, le bar queer qui oscielle entre confiance et méfiance envers le nouveau maire
- Issa Sedraoui Cochet
- 26 mars
- 3 min de lecture
Maintenant maire de la capitale, Emmanuel Grégoire semble être attendu sur sa politique en faveur de la communauté LGBTQIA+. Les propriétaires du bar Bonjour Madame semble rassuré par le nouveau résident de l’Hôtel de Ville, attendant tout de même des décisions concrètes.

De l’extérieur, le Bonjour Madame annonce l’ambiance générale. Les affiches en faveur des droits des personnes queer sont placardés sur toutes les vitres du bar. En poussant la porte, un drapeau des fiertés accueille les clients dans ce lieu de rassemblement, toujours entourés par des messages militants. Au fond de la salle, deux grandes bibliothèques sont remplis de livres de théories féministes et queer. Situé dans le 11e arrondissement de Paris, le Bonjour Madame est connu comme un lieu de rencontre et de partage pour les parisiens et parisiennes LBGTQIA+. Pourtant, Élise et Hélène, fondatrices de l’établissement accumulent les problèmes depuis plusieurs années. Derrière le comptoir, cette dernière prépare l’ouverture du lieu. La femme de 34 ans lance la musique, active les lumières et sort les ingrédients pour les préparations. « On a beaucoup de difficulté, surtout financière, confie-t-elle adossée contre le mur qui affiche la carte des boissons. Avec des prix assez bas, notre modèle économique fonctionne sur le nombre. Ça marche s’il y a beaucoup de monde. À une époque, c’était le cas… ça ne l’est plus du tout depuis quelques années ». D’une voix basse et lente, Hélène remarque que les différentes vagues d’inflation depuis 2022 ont eu un réel impact sur la fréquentation du Bonjour Madame.
Des relations tendus avec la police
En parallèle des questions d’argent qui impacte le nombre de clients, Hélène rappelle que les relations entre les forces de l’ordre et le Bonjour Madame ont souvent été compliquées. « On a eu quelques soucis en 2023 pendant les manifestations contre la réforme des retraites. Le Bonjour Madame avait été identifié comme un lieu avec une politique de gauche. On avait clairement des pressions policières à ce moment-là ». Pour trouver des solutions d’apaisement, les deux fondatrices sont parties toquer aux portes des élus de la ville qui gèrent la police municipale de Paris. Les résultats des élections sont assez satisfaisants pour la gérante de 34 ans, que ce soit pour la mairie du centre ou la mairie du 11e arrondissement. Hélène a la sensation que des discussion seront envisageable : « L’avantage que l’on a réside dans le fait que le nouveau maire David Belliard (Europe Écologie Les Verts) est un homme gay. Avec Élise, on l’a rencontré et il a voulu travailler avec nous. Il fait partie des politiques qui veulent faire du 11e arrondissement le ‘‘nouveau Marais’’. Il est en accord avec nos valeurs. ». Des paroles qui sous-entendent une envie d’amélioration des conditions de l’établissement queer et féministe.
Attendre avant de crier victoire
Alors que le soleil commence à chasser les nuages pluvieux de la capitale, Hélène s’active pour installer la terrasse sur le long de la rue Roubo. Dépliant les chaises et les tables, elle confesse qu’elle n'est pas totalement sereine : « Ça reste malgré tout de la politique. On se contente de ce qu’on a mais je les attends au tournant ; que ce soit Belliard ou Grégoire ».
Les attentes de la population queer pèse sur les épaules des maires de Paris. Dès février, les associations comme Stop Homophobie, OUTrans ou l’ARDHIS (Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l'immigration et au séjour) ont interpellé le maire PS lors de la « soirée des Fiertés » au Point Éphémère. Malgré une certaine confiance, la communauté LGBTQIA+ attend l’application des futures mesures proposées et une communication claire avec les élus.


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